• Parfois, avec l'homme moderne - qui n'a pas oublié, lui, que nous appartenons à l'ordre des primates, même qu'il se charge chaque jour de nous le démontrer - il faut savoir dire les choses.

     

    Parce que si lui n'envisage pas une soirée digne de ce nom sous le seuil des 2000 calories, alors qu'il a festoyé à midi puis grignoté tout au long de la journée au bureau grâce à sa savante planque à granola, il considère en revanche sa moitié calée avec sa salade verte aux noix avalée à midi.

    A partir de là, pourquoi proposer un diner à deux ? Autant se retrouver juste après son repas à lui - puisque nous nous jeunons le soir, rappelez vous - aux alentours de 22 heures. On notera qu'il se réserve deux heures pour se sustenter, rien de moins. Non pas qu'il cuisine, pensez vous. Le Mc Drive, y'a que ça de vrai.

    " Tel l'homme préhistorique avec sa proie, il regagne alors, les bras chargés de grandes frites, sa tannière se heurtant à l'implacable épreuve de l'escalier - chaque jour de plus en plus ardue à mesure qu'il fusionne avec le Big Mac -  pour ensuite se jeter sur sa prise. "

     ( Je sens qu'une carrière de commentatrice animalière s'ouvre à moi. Ah, pas vous ?... )

     

    S'impose alors une mise au clair avec notre Homo Sapiens version 2.0.

    Ce qu'une amie appelle avec pertinence les "réajustements", de rigueur pour un jeune couple. Par ce terme, elle entend discuter de la situation posément autour d'un verre avec le plus de diplomatie possible.

    Par ce terme, j'entends l'attraper par le colbac pour lui asséner de vigoureux  "mais quand est ce que tu vas me nourrir, bon sang ?!" alors que je frôle l'hypoglycémie à chaque fois que je le quitte et que j'en viens presque à glisser des sucres dans mon sac à main.

    Le comble, c'est que l'olibrius a faim aussi mais il patientera jusqu'à ce que vous soyez partie pour dévorer. Il est vrai qu'il serait dommage de se priver de nos mélodieux concertos de gargouillis, fruits de l'harmonie parfaite de nos estomac.

    A certains instants, j'envisage même de me ruer sur l'une de ses arrogantes boîtes de conserve, en ostensible évidence sur l'étagère, mais je ne sais pas pourquoi quelque chose m'en dissuade toujours.

     

    Probablement l'épaisse couche de poussière qui les recouvre.

     


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  • Je ne vous apprends rien si je vous dis que nous sommes en pleine période de soldes.

    C'est d'ailleurs, en cette fin de mois, pas réellement le Youplaboum sur mon compte en banque.

     

    Manière mesurée de dire que je suis fauchée, que si d'ici peu je ne m'auto régule pas j'aurais le loisir de goûter prochainement à la prison pour vol à l'étalage de Panzani. Je passe sur les autres joyeusetés envisageables comme quitter ma campagne pour arpenter le macadam, rue du Peuple Belge à Lille.

    La situation s'annonce critique. Je suis même à deux doigts de vendre mes ovules sur Internet pour financer l'indispensable : un sac absolument fabuleux vu sur Asos.

    Mais qu'y puis-je donc si la mode supplante dans mon coeur l'instinct maternel ?

     

    Je note à ce propos, après observation de sorties d'école,  que la maternité semble inconciliable avec le look, la lucidité, le bon sens. Enfanter mène à développer une abnégation à toute épreuve, quitte à arborer des colliers de nouilles autour du cou, à exposer les chefs d'oeuvre de la charmante progéniture dans le salon, à s'alimenter exclusivement de cordons bleus, à se taper des heures de Gulli.

    Ma théorie : il doit exister en chacune de nous cette potentielle fibre de la mama, qui s'active uniquement si notre utérus a servi de couchette lit première classe à de futurs mômes ingrats. ( Dieu merci, je n'en ai pas encore, il me reste un semblant d'objectivité. )

    Thèse non validée par les frères Bogdanov. Je conserve donc toutes mes chances qu'elle soit approuvée un jour par la communauté scientifique.

     

    Je me souviens avoir clamé au premier jour des soldes, à la vue des remises ne dépassant pas les - 5%, que je ne me coltinerais pas la foule malodorante pour gagner trois sous.

    Sauf que du coup le shopping online s'est, bien malgré moi, imposé comme une évidence. Par je ne sais quel hasard, je me suis donc retrouvée à l'aube, les yeux hagards, avec un panier rempli à mon nom sur le site de la Redoute. Même que j'ai, tel un automate, rempli mes numéros de carte bleu puis validé.

    Que voulez-vous, la force de l'habitude.

     

    Avec le recul  - bon d'accord surtout depuis que ma CB crie famine -  je réalise que je n'ai pas eu la souris mollassonne dans ma boulimie vestimentaire nocturne.

    En témoigne le regard effayé de la buraliste de mon relais colis quand j'ai récupéré ma cargaison, hissée avec grande peine jusqu'à la voiture.

    Je prends conscience aussi que la paire de UGG du pauvre, celle de la Redoute à 5 €, ne représentait pas réellement un impératif. 

     

    Surtout que je l'ai prise en rose.

     


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  • Préambule : article déconseillé au lecteur diabétique, haute teneur en sucre.

    Sponsorisé par Beghin Say

      

    Il s'avère de notoriété publique que je suis une gourmande invétérée, en adoration perpétuelle des sucreries en tous genres.

    Ainsi, pour que vous mesuriez l'ampleur des dégâts sans que j'ai à vous dévoiler avec désarroi mon postérieur de plus en plus épanouï, sachez que mon panel de plaisirs s'étend du simple bonbon haribo aux pâtisseries les plus diaboliques sans oublier la quasi totalité du rayon choco d'Auchan.

    Je me considère même à ce jour comme l'une des principales donnatrices du groupe Ferrero, détenteur je le rapelle des meilleures choses sur cette Terre : Kinder, Nutella, Raffaello. Le bonheur, quoi.

    J'exige d'ailleurs par la présente un pourcentage sur leurs ventes et leur impose de stopper illico la production du Kinder Délice, véritable hérésie gustative.

     

    En bref, vous l'aurez compris, j'aime à peu près tout ce qui contient du glucose. Ce qui me vaut d'être maudite par mon pancréas, auto-proclamé usine à insuline.

    Mon cas a de quoi faire frémir une diététicienne parce que je consomme non seulement du sucre sans restriction aucune mais en plus à une fréquence semi névrotique.

     

    Je m'explique. Il y a peu, une vérité me saute tout à coup aux yeux : mais qu'est ce que je dévore quand je suis heureuse !  Je me dis qu'en somme, le bonheur décuple ma gourmandise. Pourquoi pas après tout, autant être comblée sur tous les plans. 

    Ce même soir, je rencontre une contrariété. J'ai à cet instant le réflexe humain de me ruer vers ma boîte aux merveilles, j'ai nommé ma bien aimée réserve chocolatée.

    Autrement dit, non seulement je dévore comme un ours quand je suis épanouïe mais en plus je becte pour dix quand j'ai le moral dans les chaussettes de ski.

     

    Bilan calorique : dans un quotidien normal, c'est à dire non hermétique aux aléas d'une vie par chance pas monocorde, j'en déduis que je mange tout le temps.

    M'est avis que le diabète me guette.

     


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  • Il demeure parmi les questionnements existentiels, outre le fameux grande frite ou potatoes avec mon Royal Cheese ? ou l'inénarrable khôl ou eyeliner ?, l'épineux problème du en couple ou non ?

    Ou la paradoxale volonté d'être deux pour mieux exister soi.

     

    Sommes nous indubitablement destinés à fonctionner en binôme ?

    Nous serions dans le cas contraire condamnés à mener une vie morose emplie de restos en solo, d'horaires aménagés selon la vie familiale des collègues, d'exigences folles de l'entourage persuadé de notre disponibilité à toute épreuve, de même qu'imposable à merci pour s'être réservé le luxe d'occuper un minuscule studio ?...

    La société ne nous considère-t-elle qu'en duo ?

     

    Et chez nous, subsiste-t-il encore aujourd'hui, de manière inconsciente, un quelconque instinct de reproduction pour la survie de l'espèce ?

    Pourquoi cherche-t-on invariablement un alter ego ? Pourquoi prenons-nous toujours le risque de se casser les dents dans une relation ? Pourquoi tout donner lorsque l'on sait que l'on peut du jour au lendemain tout nous reprendre ?...

     

    Je ne détiens aucune réponse, je m'interroge juste sur le pouvoir et l'emprise que nous offrons à l'autre.

    Le jeu en vaut-il la chandelle ?...

     

    Je laisse le soin à chacun de le méditer.

    Félicitons néanmoins la grande frite et le khôl, grands lauréats de cette première édition de l'introspection nocturne.

     


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  • Il y a une chose que j'évoque assez peu ici, ce sont mes pérégrinations de demandeuse d'emploi.

    Les candidatures envoyées par centaine, les entretiens passés et les rendez-vous manqués.

     

    L'énergie décuplée à chaque offre, la lueur d'espoir à la perspective d'un entretien...la déception aussi de les lire au regret de vous annoncer que... pour les plus courtois.

    Pour les autres, la règle d'or demeure le silence absolu. Malgré leurs préalables inutile de convenir ensemble d'un entretien téléphonique, c'est nous qui vous rappelerons.

    Et puis, ce n'est pas comme si après j'attendais avec angoisse leur éventuel appel, que mes yeux ne lâchaient plus l'écran de mon portable et que, sous la douche, j'en arrivais à culpabiliser d'avoir eu l'indécence de ne pas prendre un téléphone waterproof.

    Au cas où ces fourbes décideraient de me contacter précisément au moment où je suis nue, la tête couverte de shampoing.

     

    Dans ces périodes attentistes, mon hygiène se trouve donc limitée à sa plus stricte forme. On mouille, on savonne, on rince.

    Pas de tiens, si je me faisais un gommage aux pousses de bambou ?...

    La planète me remercie me direz-vous.

     

    Ces derniers jours, j'étais donc dans ce mood.

    Jusqu'à ce que ce matin, je me saisisse héroïquement de ce machiavélique appareil qui ne daigne sonner que lorsqu'il l'a décidé  - le chameau -  pour les contacter.

    Dans ma grande clémence, je leur avais tout de même accordé dix jours de latence sur la bonne foi de leurs on vous rappelle très vite.

     

    La réponse entendue a été celle attendue. Ou la réponse attendue a été celle entendue. A vous de voir.

    M'enfin bref, je n'ai pas été retenue pour le poste.

    En à peine quelques mots, mon interlocutrice a mis un terme à un suspens haletant d'une semaine. Presque déçue que j'étais de découvrir le dénouement de ce mauvais vaudeville.

     

    Mais comprenez bien qu'au sein de cette mairie, c'était l'exaltation, la panique, l'agitation, l'effervescence, la turbulence causée par... les voeux du Maire.

    Pas comme s'ils avaient pu dégoter cinq pauvres minutes de leur temps si précieux pour honorer leur parole.

    D'ailleurs après tout, nous ne sommes que des demandeurs d'emploi à disposition entière du bon vouloir patronarial, à même de se rouler par terre sur commande, voire de vendre un rein pour quérir le précieux sésame, nommé CDI.

    Comment ça mon analyse du marché du travail est quelque peu stéréotypée ?

     

    Un heureux hasard voulait qu'elle m'apprenne qu'elle comptait me téléphoner justement aujourd'hui.

    Tiens donc. Encore un peu, on aurait manqué de se parler puisqu'on se serait appelées avec frénésie simultanément.

    Heureusement pour moi, la vie est bien faite, elle n'a absolument pas composé mon numéro. Sa ligne était donc coupablement libre.

     

    Le mieux dans cette histoire, c'est que pour prétendre au poste, je me suis mise à Joomla ! Pour les bien censés néophytes ou les allergiques aux geekeries en tous genres, c'est un CMS, c'est à dire un système de gestion de contenu.

    Pour faire simple, c'est une manière de créer et administrer un site Web.

     

    Je me suis donc tapée des après-midi et des soirées entières de Joomla pour être au top pour l'entretien, en sachant que pour tout développeur digne de ce nom, utiliser ce logiciel relève de la pure hérésie.

    Je remercie d'ailleurs mon pote Nico qui a été un formateur hors pair : patient, pédagogue et disponible ! C'est à propos une excellente manière de tester une relation.

    Sachez que seul un véritable ami se risquera à ça pour vous.

     

    Alors certes, je n'ai pas été prise pour le poste mais j'ai une ligne à rajouter à mon incroyable CV. Je suis désormais une joomleuse.

    Je joomle le matin, le midi, le soir.

    Depuis, chez moi, c'est même rentré dans le langage courant, du style mais qu'est ce que tu joomles ce soir ?

     

    Et croyez moi, aucun job au monde ne m'aurait procuré un tel enrichissement personnel.

     


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