• Ce qu'on raconte à nos mômes

    J'ai parfois le bonheur, l'immense joie, de garder Ronchon, alias mon filleul chéri.

     

    Ronchon

     

    Source de petits instants de complicité, de tendresse... et de grands moments de solitude. Notamment lorsque je tente de chatouiller le loustic qui conserve le flegme d'un garde de Buckingham Palace  ou que je fronce mes sourcils d'un air autoritaire, à la manière d'un officier SS, pour lui intimer de finir ses coquillettes au jambon.

    " Allez, tu finis. (...) Bon d'accord, juste la moitié, tu vois je mets le reste de côté. (...) Je t'en prie, mange en deux, on dira à maman que t'as bien mangé. "

     

    Oui, je capitule. C'est que Ronchon a son caractère. Moi aussi mais moindre : pour son âge il a un sacré potentiel. D'autant qu'avec le temps, je me découvre plus souple.

    D'accord, plus lâche. On apprend surtout à sentir la crise sous-jacente et à prendre la tangente.

    D'autant que j'ai pas envie qu'à son seizième anniversaire, il me dénonce à la famille pour l'avoir forcé, à cinq ans, à " becter des putains de pâtes à la con ".  Parce que l'ado en rébellion aime à ponctuer ses phrases ainsi. Question d'éloquence.

     

    Je suis donc d'une grande tolérance. Sur demande, on joue à pan-pan, à vroom-vroom. On dessine des avions, des chars. On s'amuse quoi.

    J'ai d'ailleurs enfin intégré que j'étais tombé sur un vrai little boy, casse-cou à souhait, qui ne jure que par la guerre, les jeux vidéos et l'aéronautique.

    Le come back des legos sonna la fin de mes espoirs. J'ai alors remisé, non sans avoir essuyé quelques larmes, mes barbies dans leurs vieilles malles en leur soufflant un " on se retrouve vite " dénué de conviction.

     

    Alors, lorsque la dernière fois il m'a réclamé son histoire du soir, j'ai commis l'irréparable : le laisser prendre le livre de son choix. Grossière erreur de débutante.

    J'ai frémi quand ses mains se sont posées sur Bambi. Blêmi quand elles se sont stoppées dessus. Sans attendre, je lui ai suggeré un Monsieur Madame voire même un Babar. J'ai tout tenté pour le ramener à la raison.

    Trop tard, le faon l'avait déjà embobiné.

     

    Je me suis donc exécutée. 

    Avec un enthousiasme tout relatif parce que ce bouquin, c'est franchement pas la panacée. Notons qu'en six pages, il arrive tout de même à éclore, à marcher, à fricoter avec les lapins, à découvrir la pluie, à rencontrer Faline, à faire du patin à glace, à parler au Grand Cerf, à se faire pousser les bois, à retrouver sa dulcinée, à décider de l'épouser sans la consulter, à lui faire deux gosses et, tant qu'à faire, à devenir le roi des bois.

    Drôlement productif l'animal.

     

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  • Commentaires

    1
    Clochettee
    Mercredi 2 Février 2011 à 19:23

    Euh... il tiendrait pas de sa mère le Ronchon ?


    Je suis néanmoins certaine qu'elle n'échangerait son Ronchon pour aucun autre...

    2
    Mercredi 2 Février 2011 à 21:53

    Il tient probablement d'elle, en effet 

    3
    So
    Mercredi 2 Février 2011 à 23:43

    "Trop tard, le faon l'avait déjà embobiné"  lol


    Sinon très sympa ton blog 

    4
    Jeudi 3 Février 2011 à 16:11

    c'est vrai ça, on parle de la productivité des lapins, mais on néglige les cerfs. Merci pour cette remise en perspective des choses.

    5
    Dicks
    Vendredi 4 Février 2011 à 10:04

    je sais de quoi tu parles moi aussi avec mon neveu je capitule! Je lui fais directement des frites!!! 

    6
    Vendredi 4 Février 2011 à 18:05

    @ So : ravie qu'il te plaise et hâte de te revoir par ici !


    @ Léa : il était bien temps de les réhabiliter


    @ Dicks : ah tu as bien de la chance d'avoir cette alternative parce Rochon n'aime pas trop les frites non plus !!

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